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Allez, z-y va: un classique. Que dis-je ? Ze classique. Ze disque. Ze band.
Long story short : en 1966, alors qu’une majorité de ricains allaient à San Francisco en n’oubliant pas de mettre des fleurs dans leurs cheveux (air couillon et connu) quelques New-Yorkais cultivaient des fleurs noires dans un recoin de la Factory, siège du collectif artistico-bordélique pop made in Andy Warhol. Car le monsieur tient à produire un groupe de rock, et les quatre larrons (Lou Reed, John Cale, Maureen Tucker et Sterling Morrisson) qui accompagnent ses happenings « Exploding Plastic Inevitable » ne demandent qu’à étaler leurs croûtes sur une galette.
Il leur faudra pour ce faire composer avec (et pour, au grand dam de Sieur Reed) la présence de Nico, mannequin allemand à la beauté frigo, que Warhol tient à inclure dans son « nouveau projet ».
L’album “The Velvet Underground and Nico”, aussi connu sous le nom d’”album à la banane” sera enregistré en huit heures, sous l’emprise de tout ce que la décennie faisait de drogues douces ou dures. Warhol produit à la Warhol, se contentant d’aligner les pistes au même niveau sonore, d’où parfois un son à chier (tout comme l’accueil du disque à sa sortie). Mais rien n’empêche melba, car comme a dit Brian Eno (citation à vérifier néanmoins) : « « Il n'y a peut être que 1000 personnes qui ont acheté le premier album du Velvet Underground, mais chacune d'entre elles a ensuite fondé un groupe. ».
Je parlais en boutade de fleurs noires un peu plus haut. A bien y réfléchir (ce qui m’arrive peu, voire pas) ce n’est pas si faux, car si les thèmes abordés dans l’album sont bien ceux de leur époque (amour, drogues, relationnel), les chansons en explorent les facettes que le mouvement flower power tentent désespérément d’occulter en ne cherchant pas plus loin que le bout de leurs joints : la paranoïa, l’accoutumance, l’overdose de réjouissances, les rapports de domination amoureux… Qu'on ne s'étonne pas après qu'un groupe aussi peu "en phase" avec la mentalité générale ait fait un bide. Point il ne faut trop précurseur ou réfléchi etre, car peur aux cons cela fait.
(Digression : Je réécoutais Jefferson Airplane il y a très peu, et je ne comprends pas comment la chanson « Somebody to love » a pu être considéré comme l’hymne hippie par excellence. Tout n’y est que charge contre ce mouvement… Mais bon, les drogues n’ont jamais rendu intelligent, ceci doit sûrement expliquer que si peu de gens à l’époque s’en soient rendu compte… Fin de la digression)
Je ne vais pas lister les meilleures chansons de l’album, puisque il n’y a que ça. Mais, histoire d’enfoncer des portes ouvertes, mon top 3 irait plutôt vers :
I’ll be your mirror
Chanson intégralement chantée par Nico, et sûrement une de mes chansons préférées tout court (promis, un jour je vous ferai le top 80000 de mes chansons préférées...)
Venus in furs :
Chanson inspirée par Sacher Masoch. Texte fabuleux, guitare lasse, violon lancinant et chant désespéré. « Im tired, i’m weary, i could sleep for thousand years, a thousand dreams that would awazke me, different colors made of tears” Meme pas mal.
Heroin
Ze chanson sur le thème de la drogue. Représentation musicale d’un shoot à l’héroïne. La batterie pour le cœur, le violon pour l’afflux du sang dans les veines, la guitare pour celui de la drogue dans le corps, et le texte qui renferme en lui toutes les illusions et les envolées de l’esprit.
Par la suite, Le Velvet a enchaîné plusieurs albums, sans Nico, dont certains contiennent quelques pépites sans pour autant arriver à la cheville de l’original. Nico a enregistré trois ( ?) albums magnifiques (parfois à la limite de l’écoutable, voir Desertshore), avant de tirer sa révérence. Lou Reed, en bon paysan, a fait de son égo un plein champ de melons et a oublié de faire de bons disques… Nevermind, Velvet rules.
20/05/07 - 22:09
Ben ouais, ze classique quoi. Pas grand chose à rajouter.
olivier1978