19/02/2007Rien.Rien à dire...
Pleins de choses à dire pourtant, pleins de détails, de souvenirs, d'anecdotes, de sentiments à la fois semblables et contradictoires qui passent et repassent en boucle, à la fois familiers et nouveaux. Toujours les mêmes peut-être bien, et pourtant chaque jour différents. Il faudrait sans doute essayer de les immortaliser, leur donner vie et grâce sur ce qui semble être tout autant un exutoire qu'un testament (car au fond qu'est-ce qu'un blog? question à laquelle tout bloggeur a bien des pistes mais aucune réponse viable à donner). Mais non. Pourquoi faire? Pour qui?
Trop de porto, tout simplement? Peut-être, mais non...
Il y a des choses qu'on dit. Ce que je viens de faire, il n'y a pas cinq minutes. Des choses que je pensais, que j'ai dites parce que je les pensais, et qui en sortant m'ont fait un bien fou, parce que destinées à celui que j'aime. Comme à chaque fois... Parce que dire ces choses éliminent une partie de ce qui ne va pas, ces choses qu'on ne sait pas nommer et qui hantent chaque jour, si ce n'est un peu plus, au moins dans une certaine continuité. Beaucoup de requestionnement en ce moment, d'aller-retours dans le passé, de recherches de racines à des problèmes plus ou moins lointains. Tout ça pour quoi? Pour un fossé qui se creuse quand on croit le colmater? Bonne question, ça monsieur...
Il y a des choses qu'on ne dit pas. Tout simplement parce qu'on n'en a aucune idée. Qu'on ne saurait les formuler. Des choses qui sont là, tapies depuis la naissance, l'enfance, l'adolescence, et qui font mine de ne pas prendre corps tout en se propageant sans relache. Parfois, des aspects se font jour, on croit voir un début d'explication, au moins une piste, ou une indice, et puis non, la bête replonge, le noir des eaux la soustrait au regard et on repart à zéro, avec tout juste, peut-être, un vague début de piste sur le bout de l'encéphale. De quoi se gratter la couenne quelques temps avant qu'un nouveau début de pseudo explication ne fasse surface. Puis replonge.
Des mots-clés, pourtant, reviennnent. Des sensations. Des liens qui à force de perdurer finissent par faire sens, ou semblant. Cela a à voir avec l'imagination, par exemple, ce refuge qui est mien depuis aussi loin que je puisse m'en souvenir. Ou l'empathie. Une empathie parfois exacerbée pour les autres alors que j'ai tant de mal à être cohérent avec moi-même. Quoi de plus normal? Peut-être.
L'imagination. l'empathie. Et alors?
The Kursk. C'est une chanson de Matt Elliott, qui en dix minutes et cinq phrases à peine retracent ce qu'ont pu vivre et ressentir les marins qui se sont retrouvés dans ce sous-marin russe qui, il y a quelques années, a coulé au fonds de l'océan, emportant en son sein plusieurs dizaines de matelots, et leurs familles avec. J'écoute cette chanson alors que je tape ces quelques lignes. Il n'était pas prévu qu'elle débarque dans ce post, mais elle est un bon exemple des tours que peut me jouer cette faculté quasi-destructrice chez moi de ressentir les douleurs exprimées par les autres. Là où la plupart des gens entendent une chanson assez lente, hypnothique ou chiante, je n'entends que cris de condamnés et suppliques. "The water is rising/ and slowly we're dying/ and we won't see the light again". Cette chanson m'a toujours bouleversée. celle là entre autres. S'il y a bien une chose que je ne supporte pas, c'est qu'on dise de moi que j'écoute/lise/regarde des choses déprimantes/chiantes/plombantes. A mes yeux, c'est comme regarder de l'autre coté de la rue en passant à proximité de quelqu'un qui fait l'aumone. C'est se voiler la face. "Oui, mais la vie est bien assez dure, on n'est pas obligé de se taper le désespoir des autres...". Allez vous faire foutre... Le désespoir des autres est aussi important que le mien, si ce n'est plus...
Et en même temps... Même mon n'amoureux à moi que j'ai, les rares fois que j'essaie d'aborder ce genre de questions, me fait comprendre que je me prends la tête trop facilement, pour pas grand chose. Lui et les autres. Combien en connais-je des qui osent regarder les questions qui les taraudent jusqu'au tréfonds, quitte à s'y perdre, dans l'espoir quasi-suicidaire d'y trouver ne serait-ce qu'une parcelle de début de réponse? Une parcelle serait déjà en soi amplement suffisante. Et la réponse est une, peut-être deux... Non, une. Une fille exemplaire que tout le monde considère comme bizarre, parce que, voyez vous, elle se pose beaucoup trop de questions... Elle s'y croit, certainement... Ce genre de raisonnement à la mords-moi-l'noeud...
L'imagination. Je crois que c'est là le plus sûr point de départ à ma compréhension du réel. de mon réel. de "leur" réel. aux fantômes. à ceux qui. On s'évertue trop à chercher sens autour de soi. C'est peut-être (encore un peut-être...) pour cela que les univers et les fictions me plaisent tant. on ne comprend jamais tant les hommes et soi-même que par cet au-delà du réel qu'on appele l'imaginaire. Les hommes ne s'évertuent pas à reproduire des sensations via littérature/musique/peinture/sculpture/cinéma/théâtre et que sais-je pour un quelconque désir d'immortalité. Non.
Si Dieu existe, c'est bien parce qu'il n'existe pas.  |
| " Juste avant le solstice d'hiver, Khrili Gompo fut envoyé en mission d'observation pour la première fois. Il y avait plusieurs décennies qu'il s'entrainait, et c'était maintenant à lui de partir. On lui avait accordé une demi-minute d'apnée avant le retour. Il disposerait de ces trente secondes pour évaluer l'état du monde et recueillir des éléments sur les peuplades qui l'habitaient encore, sur leur culture et leur avenir. C'était un délai peu généreux, mais, comme conditions de travail, on avait déjà vu pire."
Antoine Volodine, Des Anges Mineurs (1) Alexis HK - C'que t'es belle en Live
(2) So Called - The SoCalled Seder, a hip hop haggaddah
(3) The Velvet Underground and Nico
(4)The unbelievable truth - Almost here
(5,6,7,8) Nina Simone - Live at Carnegie Hall - Moon over Alabama - Emergency ward - Baltimore
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20/05/07 - 22:28
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olivier1978