Liste de mes albums préférés, de mes films préférés, de mes livres préférés, de mes chansons préférées...
Ca sent le petit coup de calgon ça...
Liste Top 5 des choses à faire:
- arréter de boire pour oublier que j'ai arrété le chichon
- dormir mieux, manger mieux, vivre mieux
- penser week end à venir avec goofy, vacances, soleil, arles, musique
- recommencer à lire/recommencer à écrire, ou alors arréter de faire semblant que c'est important pour moi
- arréter de faire des listes
J’ai oublié comment s’appelait la demoiselle. Elle était dans mon groupe d’anglais en 3ème. Nous nous entendions bien, pour cause de goûts musicaux semblables (fondus de Radiohead entre autre) mais parlions peu, je ne sais pas pourquoi. Un matin, elle m’a apporté un sampler Rocksound (à l’époque où ils chroniquaient encore autre chose que du métal) et m’a dit d’écouter la première chanson : « Who’s to know ». Elle a refusé de me dire quoi que ce soit sur le groupe « Unbelievable truth », si ce n’est que leur premier album sortirait deux mois plus tard. Le soir, à l’internat, je mis le disque. Trente secondes plus tard, je jouais à l’autiste prostré par terre à coté de son poste. J’écoutais la chanson en boucle, toute la soirée.
Merci mademoiselle, et encore merci. C’est aussi vous qui me prévint une semaine plus tard de l’imminence d’un concert radio, qui me permit de connaître toutes les chansons par cœur avant même que l’album ne sorte. Et surtout merci de ne pas m’avoir dit ce premier jour ce qui aurait altéré ma découverte du groupe, à savoir que le chanteur se nommait Andy Yorke et qu’il était le petit frère de Thom Yorke, leader de Radiohead (précision pour les incultes). Je sais que je serais tombé dans le piège des comparaisons et qu’Unbelievable truth serait devenu pour moi « le groupe du frère de ».
Pas de grand décorticage d’album ce coup ci. Je vous laisse sur ces deux extraits from toi-tube : un live de « Building », peut-être la plus grande chanson de ce groupe qui en deux albums seulement, en a alignées pas mal, et le clip de « Solved », qui fut si je ne dis pas de bêtises, leur premier single. Voilou. Bonne écoute.
Allez, z-y va: un classique. Que dis-je ? Ze classique. Ze disque. Ze band.
Long story short : en 1966, alors qu’une majorité de ricains allaient à San Francisco en n’oubliant pas de mettre des fleurs dans leurs cheveux (air couillon et connu) quelques New-Yorkais cultivaient des fleurs noires dans un recoin de la Factory, siège du collectif artistico-bordélique pop made in Andy Warhol. Car le monsieur tient à produire un groupe de rock, et les quatre larrons (Lou Reed, John Cale, Maureen Tucker et Sterling Morrisson) qui accompagnent ses happenings « Exploding Plastic Inevitable » ne demandent qu’à étaler leurs croûtes sur une galette.
Il leur faudra pour ce faire composer avec (et pour, au grand dam de Sieur Reed) la présence de Nico, mannequin allemand à la beauté frigo, que Warhol tient à inclure dans son « nouveau projet ».
L’album “The Velvet Underground and Nico”, aussi connu sous le nom d’”album à la banane” sera enregistré en huit heures, sous l’emprise de tout ce que la décennie faisait de drogues douces ou dures. Warhol produit à la Warhol, se contentant d’aligner les pistes au même niveau sonore, d’où parfois un son à chier (tout comme l’accueil du disque à sa sortie). Mais rien n’empêche melba, car comme a dit Brian Eno (citation à vérifier néanmoins) : « « Il n'y a peut être que 1000 personnes qui ont acheté le premier album du Velvet Underground, mais chacune d'entre elles a ensuite fondé un groupe. ».
Je parlais en boutade de fleurs noires un peu plus haut. A bien y réfléchir (ce qui m’arrive peu, voire pas) ce n’est pas si faux, car si les thèmes abordés dans l’album sont bien ceux de leur époque (amour, drogues, relationnel), les chansons en explorent les facettes que le mouvement flower power tentent désespérément d’occulter en ne cherchant pas plus loin que le bout de leurs joints : la paranoïa, l’accoutumance, l’overdose de réjouissances, les rapports de domination amoureux… Qu'on ne s'étonne pas après qu'un groupe aussi peu "en phase" avec la mentalité générale ait fait un bide. Point il ne faut trop précurseur ou réfléchi etre, car peur aux cons cela fait.
(Digression : Je réécoutais Jefferson Airplane il y a très peu, et je ne comprends pas comment la chanson « Somebody to love » a pu être considéré comme l’hymne hippie par excellence. Tout n’y est que charge contre ce mouvement… Mais bon, les drogues n’ont jamais rendu intelligent, ceci doit sûrement expliquer que si peu de gens à l’époque s’en soient rendu compte… Fin de la digression)
Je ne vais pas lister les meilleures chansons de l’album, puisque il n’y a que ça. Mais, histoire d’enfoncer des portes ouvertes, mon top 3 irait plutôt vers :
I’ll be your mirror
Chanson intégralement chantée par Nico, et sûrement une de mes chansons préférées tout court (promis, un jour je vous ferai le top 80000 de mes chansons préférées...)
Venus in furs :
Chanson inspirée par Sacher Masoch. Texte fabuleux, guitare lasse, violon lancinant et chant désespéré. « Im tired, i’m weary, i could sleep for thousand years, a thousand dreams that would awazke me, different colors made of tears” Meme pas mal.
Heroin
Ze chanson sur le thème de la drogue. Représentation musicale d’un shoot à l’héroïne. La batterie pour le cœur, le violon pour l’afflux du sang dans les veines, la guitare pour celui de la drogue dans le corps, et le texte qui renferme en lui toutes les illusions et les envolées de l’esprit.
Par la suite, Le Velvet a enchaîné plusieurs albums, sans Nico, dont certains contiennent quelques pépites sans pour autant arriver à la cheville de l’original. Nico a enregistré trois ( ?) albums magnifiques (parfois à la limite de l’écoutable, voir Desertshore), avant de tirer sa révérence. Lou Reed, en bon paysan, a fait de son égo un plein champ de melons et a oublié de faire de bons disques… Nevermind, Velvet rules.
C’est par David Krakauer, clarinettiste klezmer à qui je règlerai son compte une prochaine fois, que j’ai découvert SoCalled. Il avait participé aux albums « Live in Krakow » et « Bubblemeisses », et je trouvais excellent les samples qu’il posait sur la musique du sieur sus-cité.
C’est en allant à un concert de Krakauer au New Morning que j’ai enfin vu la tête de l’homme derrière les samples… Ma première réaction en le voyant monter sur scène fut : « Tiens, Scritch de « Sauvé par le gong » n’est pas mort. » Et puis SoCalled le freak/geek à tronche de nerd (alias Josh Dolgin pour ceux que ça n’intéresse pas) s’est mis derrière son sampleur, a appuyé sur quelques touches, a empoigné son accordéon, s’est mis à délirer dessus tout en rappant… un flow de dingue. L’audience sciée par l’hurluberlu. Transe collective. Concert grandiose.
Petit, le canadien qui n’était pas encore SoCalled était fada de hip hop. Une musique en entraînant une autre, il découvre quelques années plus tard les musiques yiddish et ça lui vrille gentiment la tronche. Un bidouillage musical en entraînant un autre, il finit par pondre un concept de son cru : le hip-hop klezmer. Alors qu’est-ce que c’est-y que c’te truc, ne me demanderez vous pas…. C’est simple : on prend des bons vieux beats old-school et on y colle des mélodies et des samples de la liturgie juive, si possible via des enregistrements vynileux aux scrouich scrouich d’époque, le tout avec des vrais morceaux de jazz, d’électro ou de rock dedans. On colle un air d’accordéon et on pose le dit flow de dingue sur le dessus…
Et ça donne quoi ?
Ben ça donne ça :
The SoCalled Seder – A Hip-Hop Haggaddah
qu’on pourrait sous-titrer “Il était une fois Pessach” ou « Pessach for dummies »
Je vous mettrais bien tout l’album pour que vous puissiez l’écouter tellement qu’il est génial, mais SoCalled est très peu coté sur radioblog, alors je vous laisse le soin de vous en procurer par vous même.
Cet album est « just jouissif » et puis c’est tout !
On y suit toute la cérémonie de Pessach dans l’ordre, avec samples explicatifs à l’appui (bribes de conversations entre un petit garçon et un vieil homme lui expliquant les différents rituels). Plusieurs invités tels que Krakauer, Killah Priest, Katie Moore et Paul Shapiro viennent poser qui une clarinette, qui une voix, qui une présence sur l’album. Ca donne des petites merveilles telles que « LMPG », version rap de « Let my people go » ou pas moins de quatre ou cinq anciennes versions différentes (dont celle de louis Armstrong) sont télescopées pour créer un chœur déconcertant derrière la voix de SoCalled. « First cup » mélange ukulele, accordéons, samples et « crazy » beats tandis que le « four question » pourrait durer dix minutes que ça ne dérangerait personne…
L’album se finit sur la géniale « Passout for Passover », placée stratégiquement puisque, une fois l’album fini, on passe vingt minutes à s’en rechanter le refrain en boucle. « come on, and passout for passover, it’s a fucking party so come on and bring your ass over ...».
Réussi à trouver sur toi-tube le clip qui suit et que vous vous apprêtez à regarder (si si...). Ce n’est pas du « hip hop seder », mais ça vaut grave le détour… Ouvrez bien vos zouies et vos mirettes.
Les gens, voici SoCalled. SoCalled, voici les gens…
Ce qu’il y a de génial, quand on se targue d’être un chercheur acharné de bonnes trouvailles musicales, c’est de découvrir un « jeune » chanteur français dès le début de sa carrière, et de pouvoir le suivre, de concert en concert et d’album en album.
C’est une nuit d’insomnie que je suis tombé sur le clip de « c’que t’es belle », et j’ai acheté l’album « Belle ville » dès le lendemain. Non que la chanson soit inoubliable, mais il y avait une fraîcheur et un humour indéniable dans ce que son auteur revendique lui-même comme « une chanson à boire sans prétention ». L’absence de prétention est en effet ce qui caractérise le mieux Alexis HK, et ce qui lui permet de nous embarquer véritablement dans ces histoires abracadabrantesques.
L’album me plu immédiatement. J’étais mort de rire à toutes les chansons et en même temps, je trouvais le chanteur émouvant. Son amour des losers grotesques et magnifiques me parlait –on n’se refait pas, ma bonne dame- et son incapacité à se moquer d’eux complètement me touchait. On trouve sur ce premier album (deuxième en réalité mais le premier « Anti-héros notoire » n’est plus disponible depuis belle lurette) Mitch le catcheur qui voudrait percer dans le domaine des lettres, l’amant enfermé dans son placard en attendant le départ du mari, Gaspard le nain « qui voulait bien qu’on le lance » pour atteindre une popularité que sa taille lui refuse et autre cyclopède découvrant les miracles du 4x4 sur la virilité…
La série de concerts a commencé peu après avec mon ami Mouaz (qui risque d’être régulièrement cité dans ses lignes puisque j’ai découvert beaucoup de musiques avec lui ou par lui...). Il faut savoir qu’Alexis n’a pas de bol sur scène : au théâtre de Suresnes, la fnac affichait complet deux mois plus tôt alors que nous étions cinquante dans la salle. A l’européen, la console de son saute plusieurs fois et menace de prendre feu à mi-concert. A solidays, la basse est tellement forte qu’on n’entend pas le reste.
Ca n’empêche pas le groupe de s’améliorer de show en show, d’affirmer son coté théâtral en incluant des sketchs entre les chansons, et de peaufiner les chansons du deuxième opus : « L’homme du moment ». Cet album, souvent plus mélancolique que le précédent, confirme le talent et l’univers du sieur Alexis : on y croise la route d’un chien de vieille, d’une prostituée moqueuse (« la femme aux mille amants »), d’une star d’un jour (« l’homme du moment »), on prend un brunch paris-norvège et on assiste à une orgie tragi-comique, cris d’orgasme à l’ appui. On y découvre également un jeune travesti qui part en train faire son « Coming-out » à sa famille, façon remise des Césars et avec « twist in the end » savoureux… La preuve par le son :
Un an environ après la sortie du deuxième album paraît un 9 titres live absolument génial : « C’que t’es belle en live »
Les versions de Mitch (avec fin rappée), Coming out, C’que t’es belle (avec intro version brèves de comptoir) ou La femme aux mille amants montrent bien tout ce qu’Alexis HK et son groupe sont sur scène : des bêtes d’instrumentistes qui adorent revisiter leur propre répertoire, toujours pour le meilleur. Mais ce sont surtout les reprises et nouvelles chansons qui font de ce live un grand disque. La reprise de « Nouveau Western » de MC Solaar, tout en accordéon et flow décontracté réhabilite la chanson initiale… Il y a aussi « Ah Ah » qui reprend la rythmique et la basse de « la fièvre » d’NTM (d’ailleurs citée dans la chanson) pour raconter les mésaventures d’un dandy mythomane assistant à une émeute dans un supermarché.
Et puis surtout, il y a le doublé Brassens-Madonna… Et là, on touche au grandiose !
Alexis explique au public les circonstances de la rencontre entre ces deux sommités musicales (en 1952 dans le Dakota) alors que notre Georges national y fait une tournée et que la demoiselle n’est encore qu’une « jeune choriste écervelée ». S’ensuit, incluse dans l’anecdote, une reprise quasi a capella de « Mouton de panurge » avec chair de poule garantie, avant que de repartir sur les conséquences de cette rencontre: le prochain single de Georges Bradonna, fils légitime de la levrette entre Georges Brassens et Madonna de 1952 dans le Dakota et intitulé « Comme une vierge ».
Actuellement, Alexis est en studio pour son troisième album... Vivement. Ca fait longtemps que je l’ai pas vu…
ce blog rouvre bientôt, et en version lourdingue qui plus est...
Le top 200 de mes albums préférés est fini, après plusieurs jours de tergiversation, et vous allez tous vous les taper au fur et à mesure, youtube et radioblog à l'appui, avec des informations archi-capitales que vous attendez tous (petites anecdotes d'enregistrement, quelles pistes sont mes préférées, en quelles circonstances j'ai découvert tel ou telle artiste, les concerts que j'ai pu voir, les discographies etc etc...). Ca me permettra d'écrire un peu sur ce blog sans me lamenter sur mon sort, ça fera fructifier mes monomanies, et ça vous permettra peut-être de découvrir des choses sympa. (si vous lisez les articles... as if...)
" Juste avant le solstice d'hiver, Khrili Gompo fut envoyé en mission d'observation pour la première fois. Il y avait plusieurs décennies qu'il s'entrainait, et c'était maintenant à lui de partir. On lui avait accordé une demi-minute d'apnée avant le retour. Il disposerait de ces trente secondes pour évaluer l'état du monde et recueillir des éléments sur les peuplades qui l'habitaient encore, sur leur culture et leur avenir. C'était un délai peu généreux, mais, comme conditions de travail, on avait déjà vu pire."
Antoine Volodine, Des Anges Mineurs
(1) Alexis HK - C'que t'es belle en Live
(2) So Called - The SoCalled Seder, a hip hop haggaddah
(3) The Velvet Underground and Nico
(4)The unbelievable truth - Almost here
(5,6,7,8) Nina Simone - Live at Carnegie Hall - Moon over Alabama - Emergency ward - Baltimore