18/07/2006Retour d'Arles...
Cette semaine avait donc lieu la onzième édition du Festival "Les Suds, à Arles", découvert l'année dernière avec un ami, complètement au pif, mais qui était devenu au bout de vingt-quatre heures mon rendez vous immanquable pour les 60 années à venir....
Cette semaine m'a prouvée que l'année dernière n'était pas qu'une illusion, et que je suis bel et bien pris tous les mois de juillet de ces prochaines décennies....
Une journée pendant le festival se déroule plus ou moins comme suit:
Lever vers 10h30, café, douche (certains festivaliers ne se douchent peut-être pas, remarquez...)
Concert à 11h dans les jardins de l'Espace Van Gogh, un petit carré de calme et de verdure en plein centre ville... Les programmateurs ont eu la délicatesse de ne faire passer à cette heure là que des chanteurs ou des groupes calmes, ce qui est appréciable quand on finit de se réveiller...
Repas vers 13h, après une petite ballade post-musique...
Concert à 14h30, toujours à l'Espace Van Gogh, pour les "siestes musicales". Le concept est très simple: on colle un chanteur ou musicien en acoustique, on cale le public dans des transats ou des chaises longues, et zou pour 90 minutes de roupillage enchanteur... Là encore, la programmation était parfaite: chanteur brésilien, duo de balafons, percussions indonésiennes.... rien de bien violent...
Vers 18h, re-concert, là encore des petits groupes pas ou peu connus, d'un peu partout, la plupart du temps d'excellente qualité...
19h30: Concert (payant) dans la Cour de l'Archevêché, endroit splendide accueillant au mieux 200 personnes, à l'acoustique parfaite, pour des concerts intimes et où les artistes sont bien souvent plus détendus que dans les soirées concerts au Théatre antique...
21h30: justement, les concerts au théatre antique, deux têtes d'affiche pour quatre heures toujours exceptionnelles et dans un décor grandiose... (photos suivront)
1h30: les soirs de courage, direction la Bodega de la Muleta, boîte de nuit improvisée dans le cadre du festival et qui fait uniquement dans les musiques du monde, principalement cubaines, espagnoles et tziganes (et une ou deux de Manu Chao pour les bobos...), sinon rentrage et dormage...
Bon, et à part ça, quelles découvertes?
Parce que les découvertes, il n'y a que cela... Et des belles... Voici donc les artistes qui m'auront le plus marqué lors de cette semaine, et qui risquent de m'accompagner musicalement toute cette année à venir. Si les brefs descriptifs vous tentent, n'hésitez pas à vous procurer les albums ou a les télécharger (ce que bien sûr, personne ne fera parce que le téléchargement, qu'on se le dise... c'est interdit... n'est-ce pas...). Si le gentil lecteur qui lit ces lignes et qui est tenté par un ou plusieurs artistes me connait autrement que par mes posts, qu'il n'hésite pas à demander, je fais les copies contre un cd vierge... Que les autres se brossent ou virent dans l'illégalité....
Le Trio Joubran: Les Joubran sont trois frères, palestiniens, et joueurs de oud. C'est tout... Avant le concert, on s'est tous dit (et les gens près de nous itou...) que deux heures de oud, ca allait etre coton à s'envoyer, et qu'on risquait de vite se faire chiou... Mais non, à la fin du premièr morceau, le public entier était subjugué par ces trois sorciers, et quand ils sont partis, ce fut hurlements et demandes de rappels à la limite de l'hystérie... Le trio JOubran oscille constamment entre ancien et moderne, entre airs traditionnels, improvisations à base de dialogues de plus en plus serrés entre les instruments, bribes de flamenco et même une chanson (la seule) que le public a bien du passer deux jours à fredonner après le concert... C'est dingue comme, même chanté dans une langue dont on ne sait pas un traitre mot, une chanson d'amour est toujours compréhensible....
Egschiglen: Mes chouchous de la semaine..... Une bande de huit mongols jouant sur des instruments traditionnels et maniant à la perfection les techniques du khoomei, qui permet de chanter à la fois un bourdon et les harmoniques correspondantes (Camille n'a plus qu'a aller se rhabiller...). D'où deux heures de gutturales, chants de gorges et autres diphonies... Je me suis retrouvé allongé dans la fosse, mains sur le sol pour capter la moindre vibration....
C'était de loin le concert le plus magique de cette semaine (de ma vie?), et je me suis rué sur les cds en sortant de la salle... Je les écoute alors que j'écris ces lignes... et p... de m... qu'ils sont bons...
Les Pascals: un groupe d'une douzaine de japonais completement dingues, capables de se prendre pour Johnny avec une flute ou de faire de la percussion avec des chaînes en acier, de passer d'une romance sur "les nouilles à la viande qui viennent du ciel" chantée avec le plus grand sérieux ou de reprendre Carmen avec une scie musicale et une guitare électrique saturée etc etc... En fait, ca ne sert à rien d'essayer d'énumérer les 10000 détails loufoques qui ont fait de ce concert un grand moment (la musique est très écoutable mais c'est le spectacle qui prime...). Ils seront en concert (gratuit) les 20,21,22,23 juillet dans différents jardins de paris dans le cadre de paris quartier d'été... Prenez vous deux heures pour y aller, ca vaut vraiment le détour...
Michel Bismut et Arnaud Bertrand: M.B. est contrebassiste, et il a choisi le Musée d'Arles et de la provence antique pour faire son concert. Nous sommes entrés, et à son invitation, nous nous sommes assis par terre, entre des sarcophages romains et autres morceaux de facades de temples, pour un concert completement irréel. Arnaud Bertrand se balladait parmi nous avec des petites percussions, ce qui fait que les sons venaient de partout, quand tout le monde ne regardait que la contrebasse. A.B. laissait au fur et à mesure ses percussions à différentes personnes du public en leur demandant de continuer à jouer à sa place, sur quoi il en prenait une autre et recommencait à sa ballader... Après quelques morceaux, A. Bertrand s'est installé derrière son ordinateur, et c'est d'abord un oiseau, puis une rivière, puis les bruits d'insectes qui ont commencé à innonder le musée, avec toujours la contrebasse en dialogue. Quelques beats electros ont rejoint le tout... Ce concert -une improvisation totale de la part des deux compères- était parfait à cause du cadre... Ils nous ont balladé dans les différentes salles du musée, jouant deux morceaux là, puis deux là bas... Nous avons tous finis allongés sur des tapis, à l'ombres de statues (de femmes, bof..., et nues en plus, yakh...), à regarder les ombres de la contrebasse s'imprimer de toutes les couleurs par jeux de lumières sur tous les murs du musée, alors que nous avions l'impression de n'être plus dans un musée mais au fond d'un bois, près d'un bras de rivière désert...
Boya: petit groupe français jeune et fort sympathique, qui a pris le pari de mélanger gadulka bulgare (vielle à trois cordes), piano classique et percussions orientales... Le pari est plus que réussi, et les artistes sont chacun des pros dans leur domaines....
Marcelo D2: Un brésilien, qui a décidé de pervertir son hip-hop de base avec samba, carioca, rumba, le tout baigné de références en tous genres à la culture noire américaine... Je ne sais pas si le disque passera beaucoup sur ma platine, mais le concert était un régal. Le mélange, là encore, est trè réussi, et l'énergie dépensée sur scène a ravi tout l'auditoire... qui n'a d'ailleurs pas semblé remarquée qu'il a plu pendant tout le concert... Comme quoi, quand on est motivés, on ne craint pas une petite pneumonie de rien du tout....
Wang Li: concert d'un quart d'heure entre deux concerts, en guise d'entracte. Un type, 50 kgs tout mouillé, qui nous a dit qu'il allait faire de la guimbarde... Rires dans l'assistance. Et devinez quoi? Il a joué de la guimbarde.... Je ne savais même pas qu'on pouvait jouer en même temps un rythme et une mélodie, avec tant de sons aussi variés à l'aide d'un instrument aussi ridicule... Ce type a réussi à scotcher plusieurs centaines de personnes en quelques minutes, avec quelques grammes de fer dans la bouche... Chapeau....
Il y aurait encore bien des groupes à présenter ( eh oui, plus d'une vingtaine de concerts en six jours, ca laisse des traces) mais là, je suis naze, et très franchement, je ne pense pas que quiconque ait tenu jusqu'ç ces lignes ci... alors bon.....
Bonne nuit à tous....
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| " Juste avant le solstice d'hiver, Khrili Gompo fut envoyé en mission d'observation pour la première fois. Il y avait plusieurs décennies qu'il s'entrainait, et c'était maintenant à lui de partir. On lui avait accordé une demi-minute d'apnée avant le retour. Il disposerait de ces trente secondes pour évaluer l'état du monde et recueillir des éléments sur les peuplades qui l'habitaient encore, sur leur culture et leur avenir. C'était un délai peu généreux, mais, comme conditions de travail, on avait déjà vu pire."
Antoine Volodine, Des Anges Mineurs (1) Alexis HK - C'que t'es belle en Live
(2) So Called - The SoCalled Seder, a hip hop haggaddah
(3) The Velvet Underground and Nico
(4)The unbelievable truth - Almost here
(5,6,7,8) Nina Simone - Live at Carnegie Hall - Moon over Alabama - Emergency ward - Baltimore
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