25/12/2006

23/12/2006

23/12/06 - 18:35

Encore un post à la con...


A la naissance, la musique n’existe pas, car tout est son. Il ne le sait pas, mais lors de sa grossesse, sa mère avait remarqué que, lorsque celui-ci s’agitait, un peu de musique classique l’incitait à s’apaiser. Il lui faudra plusieurs semaines pour isoler une mélodie du brouhaha quotidien, un peu plus pour l’identifier comme telle.

La musique s’associe au fur et à mesure à certains moments clés de ses journées. On chantonne pour l’endormir. Il remarque que certains chants accompagnent les jeux, et que ceux-ci sont plus rigolos que les chants associés à la sieste, plus calmes et lancinants.

A cinq ans, son intérêt pour la musique est aussi visuel. Les chansons et les musiques simplettes qui accompagnent les dessins animés qu’il regarde lui enseignent sans qu’il s’en rende compte que la musique peut influencer son comportement. Il sent –et dit- que certaines musiques « font peur », et crée un lien avec les images qui « font peur » elles aussi.

A sept ans, on lui fait prendre des cours de solfège et il découvre que beaucoup de lois régissent la musique, lois qu’il doit connaître parfaitement pour « jouer bien » (concept encore un peu vague). Les mélodies se font leçons et l’art se fait matière.

A douze ans, il annonce courageusement à ses parents qu’il veut arrêter les cours de piano qu’il prend deux fois par semaines depuis cinq ans. L’instrument l’emmerde et le classique lui sort par les yeux. Il se déchaîne sur des tubes pour ados estampillés M6 et, sur un air de dance music, il trouve dans les premières pelles qu’il roule –salive comprise- à la petite X. , Y. ou Z., un sens nouveau à sa vie…

A quatorze ans naît le rebelle. Il boit des bières dans des « soirées », fait de la guitare dans un groupe punk, parce que c’est une musique de ouf pour cracher sa rage au monde. (ou : Il s’habille tout en noir et écoute du gothique parce que lui a bien compris que c’est dans la mort que réside le sens de la vie…) Bref, il est navrant…

A 16 ans, lycée oblige, il prend un coup de vieux de partout. Il est de toutes les manifs, écoute des trucs engagés, du « bon son », et fustige flics et pouvoir. La musique se fait là aussi facteur de cohésion, à un âge où celle-ci est en vacances…

A 19 ans, il laisse le rap aux révoltés et fume des pétards à tout va. Tout comme le THC, la musique des seventies parle au moindre de ses neurones. Chacune de ses pensées accouche avec une longueur sans fin. Son corps se traîne. C’est bien simple, il ne fait plus l’amour que sur Shine on You, Crazy Diamond.

A 23 ans, il adore les « anciens ». Il trippe sur Piaf, Brassens, Brel, ferré, les trouve étonnamment modernes. Après sa phase hallucinée, c’est dans le réaliste qu’il prend son pied. La poésie des rues lui parle, évoque des scènes d’une autre époque. Il a la nostalgie de ce qu’il n’a jamais connu.

Il a beau ne plus fumer de pétards depuis belle, c’est vers les 27 ans qu’il découvre le reggae. Il travaille beaucoup et la musique ne lui est plus qu’un moment de détente : il ne va pas se plomber volontairement le moral… Les rythmes jamaïcains, frais et doucement sautillants, le distraient plus que les airs nostalgiques d’une époque qu’il n’a –de toute façon- pas connue…

A 35 ans, il se rend compte qu’il a déjà 35 ans, qu’il n’a pas voyagé et découvert autant qu’il l’aurait souhaité. Il découvre les musiques du monde, l’Afrique d’abord, le son cubain, le flamenco. L’enchaînement des genres lui est naturel, il fait en sorte d’apprécier ce que ses oreilles ne comprennent pas. Il aime le traditionnel, mais préfère le mélange ancien-moderne qui lui permet de ne pas perdre pied dans les sonorités mondiales.

La quarantaine ne lui fait pas peur. Il passe le cap sans coup de jeunisme ou de soleil. Tout au plus un regard en arrière lui fait-il percevoir ce qui « aurait pu être » de « ce qui a trop souvent été ». Les thèmes récurrents, les solos et les apartés, les digressions et les standards de sa vie trouvent un écho dans les structures même du jazz, qu’il écoute à longueur de journée. Cette musique lui a toujours plu mais peut-être nécessitait-elle de sa part un recul qu’il n’avait pas encore atteint. Il tache de lier le fonds et la forme. Plus que jamais, il conçoit la musique comme une histoire et relie tout à un contexte. Ses goûts sont de plus en plus stricts.

La Grande Musique s’impose d’elle-même, avec le temps. La rigueur classique le renvoie à son solfège, où chaque note était codifiée. Il y trouve là un réconfort. Les mélodies ne lui inspirent plus d’images neuves mais la moindre note lui fait revivre une sensation lointaine et enfouie, un souvenir, une tranche de sa propre vie.

La symphonie, les chœurs lui tiennent quelques années, puis la musique de chambre.

Enfin, il n’écoute plus que du piano.

A 70 ans passés, près de son lit d’hôpital, une machine liée à son coeur égrène un bip toutes les cinq secondes.
C’est fort dommage. Il aurait préféré partir dans un silence parfait.

23/12/06 - 14:02

Où ça, des listes? Où ça????


Alors, pour ne pas être en reste, et bien que mon mp3 soit momentanément en rade, voici z'y-va les 10 chansons que j'aime particulièrement me farcir en ce moment.....

Four Tops : Bernadette
Isley Brothers : (This old heart of mine is) Weak for you (Dans le top 3 depuis 15 ans...)
Miossec : La non demande en mariage (Brassens)
Nosfell : Likade Liditark
Olivia Ruiz : Putain de toi (Brassens)
Squirrell Nut Zippers : Put a lid on it
Sufjan Stevens: They are night zombies!! They are neighbors!! They have come back from the dead!! Ahhhhh!!!!! (titre de l'année)
Tom Waits : Little drop of poison
Nicole Willis : Invisible man
Geeshie Wiley : Last kind word blues

19/12/2006

19/12/06 - 20:06

Ah.... La fin de l'année....


Le temps où les multimaniaques dans mon genre peuvent pleinement -poussés dans leur vice par les magazines où s'étalent palmares et autres sondages d'opinion- assouvir leur besoin compulsif de faire des listes inintéressantes où ils étalent, répertorient et classent avec amour les détails plus ou moins insignifiants qui ont jonchés leur année....

Allez, zou... Au boulot...

A quoi ça sert de tenir un blog si c'est pour ne pas polluer le jdi de trucs dont tout le monde se branle?

Top 10:

1- Films

Bamako - Abderrahmane Sissako
Bubble - Steven Soderbergh
Crazy - Jean Marc Vallée
Down in the valley - David Jacobson
Les Infiltrés - Martin Scorcese
Jarhead - Sam Mendes
Le labyrinthe de Pan - Guillermo del Toro
Marie-Antoinette - Sofia Copolla
Le nouveau monde - Terrence Malick (spéciale dédicace à Sorty)
Taxidermie - Gyorgy Palfi


2- Albums

Camille - Live au trianon
Matt Elliott - Failing Songs
Jorane - Live
Nosfell - Kalin Bla Lemsnit Dunefl Labyanit
Darko Rundek - Mhm a-ha oh yeah da da
Squirrell Nut Zippers - Best of
Tété - Le sacre des lemmings
Tom Waits - Orphans : Brawlers, bawlers and bastards
Nicole Willis and the soul investigators - Keep reaching up
Thom Yorke - The eraser


3- Concerts

1+1+1: Matt Elliott - Café de la danse
Fiona Apple - Folies Bergères (Euh, si vous lisez ces lignes....)
Bénabar - Bercy
Eels - La cigale
David Krakauer- New Morning
Nosfell - Trianon Transatlantique - Sotteville
Nuit Magique: trio Joubran - Wang Li- Egschligen - Théâtre Antique Arles
Radiohead - Rock en Seine
Gianmaria Testa- L'Européen
Warsaw Village Band - Point Ephémère


4- DVD ( ce qui me permet de ressortir les séries et les films que j'ai découvert cette année mais qui sont sortis il y a longtemps...)

Albert Dupontel - le sale dvd
Le Blues (coffret 7 films - collection dirigée par Scorcese)
Carnivale
Coffret Mankiewicz (dont Eve, Mme Muir et Chaines conjugales...)
Coffret Intégrale Tex Avery ( que je suis pas censé savoir que je l'aurai le 25 décembre...)
Epitafios
Kim Ki Duk ( Printemps, été, automne, hiver... Locataires)
Nina Simone live a Montreux
Shawn of the dead
The taste of tea (aaaaaaaaaaaaaah, ce film.....)



5- Ma vie - Les temps forts de l'année....

- Je vis un an avec une certaine Anne-Sophie ( alias Grande Diplomate des loutres, Impératrice de la Coinche, Petit Farfadet Malicieux, Bloqueuse Professionnelle, Enid Pomeg etc etc....). Cette fille défonce!

- Je démissione avant de devenir dingue...

- Festival de musique du monde de Arles - une semaine de pur bonheur, vivement l'an prochain, il me faut ma dose....

- J'ai une platine vinyle...

- ByeBye Chichon.

-Rencontre de MrFartington en cherchant mon âme sur un peer-to-peer... Anne Sophie ( alias....) vous le confirmera: MrFartington is good....

- Je commence le code de la route.

- Je fais la connaissance de la famille Mémoire, avec qui je m'entends très bien pour l'instant. Faut voir où nos relations nous mènent...

MAIS SURTOUT....

Grâce aux parents de M. D., qui ont eu la bonne idée de le concevoir un mois d'avril il y a 24 ans, je vais a la fnac quelques jours avant son anniversaire avec la Grande Diplomate des Loutres pour lui acheter un cadeau. On s'apercoit que Fiona Apple donne un concert deux jours plus tard, et que tout est complet. Désespoir. Il nous faut des places! J'en trouve une sur e-bay. La Prétresse de la coinche fouille le net de fond en comble, et tombe sur le portrait d'un adepte de Jude et de Fiona Apple sur ce qui est visiblement un site de blogs et chat homosexuels. Elle me conseille d'aller y jeter un coup d'oeil avant que de reprendre ses recherches. GA que ca s'appele. Je vais jeter un coup d'oeil. C'est sympa, je m'inscris. je rencontre des gens sympathiques (dont l'adepte de Jude et Fiona Apple). Moi qui n'aime pas sortir, je vais a des apéros du vendredi soir, des après midis jeux de société, des MTG, des pique-nique, je me mets à tenir un blog. je rencontre un jeune garçon particulièrement sympathique, qui habite à Rouen. Après quelques conversations non moins sympathiques, je décide d'aller le voir dans sa ville pour 24h. J'y reste trois jours. Il vient à Paris la semaine suivante. Je suis vite accroc à ce garçon... Finalement, après six mois à peine, je déménage chez lui....
Résultat: AnneSo a bien vu Fiona Apple en concert, j'ai rencontré un garçon que je suis bien content de l'avoir rencontré et que je le lacherai pas, faites moi confiance, je vis dans une nouvelle ville sympathique même si on y croule pas sous le travail, et j'ai rencontré pleins de gens bien, que même qu'il y a des vieux qu'on peut se moquer d'eux mais qu'ils ont assez d'humour pour le supporter et ne pas me prendre que pour un petit con.... Du coup, je découvre, entre autres, Fawlty towers, Neil Gaiman, Lila Downs, Pipilotti Rist, The knife etc etc etc...

Comme quoi, une année, ça tient à peu de choses...

01/12/2006

01/12/06 - 12:35

A notre santé...


"Est-ce de ma faute à moi, si j'aime le café et l'odeur du tabac? Me coucher tard la nuit me lever tôt l'après-midi, aller au restau et boire des apéros? A notre santé!"

Bénabar est mec sympathique. Les chansons de Bénabar sont rigolotes et sans prétention, et la bonne humeur qu'il y véhicule est fort plaisante... Bénabar est sexe, particulièrement sur scène.

Bercy, hier soir, donc. 17000 personnes entassés pour le dernier concert de la tournée 2006. Deux heures et demie de concert (et beaucoup de bières) où s'enchaînent joyeusement des chansons de ses quatre albums. "Les épices du souk du Caire", "La p'tite monnaie", "A notre santé", "La berceuse", "La station Mir" et surtout "Majorette" sont les meilleurs moments de la soirée. Même les chansons que j'ai tendance à zapper sur le cd ("Le diner", "Maritie et Gilbert Carpentier" ici accompagnée d'une chorégraphie pas piquée des hannetons) passent toutes seules. Bénabar est un mec sympa... Chacune de ses petites blagues envers le public fait mouche, Bercy se gondole en continu... Tous les musiciens sont mis en avant, et tous sont terribles chacun dans leur domaine...

C'est toujours agréable de voir un chanteur qu'on aime bien remplir une salle de merde comme Bercy en arrivant à faire oublier le lieu (il y a peu, Pearl Jam n'avait vraiment pas relevé le challenge).

Seuls inconvénients de Bénabar: le public de Bénabar (bon d'accord, quelques uns sur 17000 c'est pas la mort mais quand même...) et surtout les amis de Bénabar... C'est sympa de faire des duos, mais encore faut il savoir choisir les chanteurs qu'on invite.
Dans l'ordre: Cali (ce gros con), La Grande Sophie (cette grande nunuche, qui s'est fait un devoir de bousiller "Quatre murs et un toît" une des meilleures chansons du dernier album...), H. F. Thiefaine (pour "La fille du coupeur de joints", on s'y attendait pas à celle là tiens...) et ...... cherry on the cake... Bernard Lavilliers (les mots me manquent pour exprimer le dégoût que déclenche systématiquement en moi cette parodie vivante...)

Mais bon, tout cela n'est pas bien grave, ca aura surtout généré de bons fous rires avec mon amie Marion, et quelques méchants regards autour de nous parce que tout de même, oser rire pendant que Cali chante, c'est péché...

Très bonne soirée en définitive...
Après, je me suis rentré dans ma maison, j'ai regardé un reportage sur les éléphants, je m'a couché et j'ai révé que je rencontrais Boubacar Traoré dans un train... Normal, quoi...

 

" Juste avant le solstice d'hiver, Khrili Gompo fut envoyé en mission d'observation pour la première fois. Il y avait plusieurs décennies qu'il s'entrainait, et c'était maintenant à lui de partir. On lui avait accordé une demi-minute d'apnée avant le retour. Il disposerait de ces trente secondes pour évaluer l'état du monde et recueillir des éléments sur les peuplades qui l'habitaient encore, sur leur culture et leur avenir. C'était un délai peu généreux, mais, comme conditions de travail, on avait déjà vu pire." Antoine Volodine, Des Anges Mineurs

(1) Alexis HK - C'que t'es belle en Live
(2) So Called - The SoCalled Seder, a hip hop haggaddah
(3) The Velvet Underground and Nico
(4)The unbelievable truth - Almost here
(5,6,7,8) Nina Simone - Live at Carnegie Hall - Moon over Alabama - Emergency ward - Baltimore