31/08/2006

31/08/06 - 12:33

Lecture en cours




“A l’abri dans sa cellule de Dominicain – un silence tout relatif, il est vrai, car les cris perforent également les murs de pierre – le père Salieri écrivit en 1653:
« Tout évènement du réel trouve son fondement dans l’imagination. » (p.11)

Chaque livre traduit du serbe que je lis confirme mon impression : leur littérature est de loin la plus folle, la plus osée et la plus libre de notre époque. D’où cela vient-il ? Pourquoi le refus des contraintes spatio-temporelles, la mise à mal de tout ce qui est considéré comme vérité historique, et la suprématie de l’absurde comme loi fondamentale est-elle quasi systématique chez tous ces auteurs ? Pleins de bonnes questions…

Allez, je me recolle au lit pour finir les derniers chapitres et ensuite je commence :



Après la pub qu'on m'en a fait, j'espère que ça va me plaire...

30/08/2006

30/08/06 - 04:11

Whatever, nevermind.... Post cathartique.


Ce post n'aura aucun intéret, n'hésitez pas à le zapper... D'ailleurs n'hésitez pas et zappez le, merci...

Insomnie. Une de plus. Sévère, celle là...

Je n'aime pas les changements. Ils me font peur. Chaque changement déterminant dans ma vie a le plus souvent été synonyme de douleur et de perte. Je plaisante souvent sur mes côtés p'tit vieux, papy qu'aime pas sortir, pas s'amuser, pas être sociable, qu'aime pas les fêtes, les grandes liesses populaires, qu'elles soient du jour de l'an ou pour le foot... Je suppose que le fait d'avoir été élevé par une grand-mère casanière explique partiellement la chose.

Parfois, j'ai l'impression que je n'ai jamais connu le monde d'avant la mort, celui dont chaque enfant profite pendant les quelques années où les concepts de vie et de mort ne lui sont pas acquis. A six ans, je savais déjà le cancer de mon père, le suicide de ma mère, et même si la tristesse était vague, car basée sur des choses qui me dépassait, elle était là. Elle ne m'a pas lachée depuis. Elle est toujours lovée quelque part, même dans les instants de grand bonheur où elle n'a pas de raison d'être. Peut-être à cause des dizaines de fiches pour les profs que j'ai du remplir en début d'année et qui ne m'ont jamais permis d'oublier que niveau "profession des parents", moi, j'étais "orphelin". Peut-être à cause des regards apitoyés, des "je suis désolé", à cause des visites chez des potes dans des ambiances de bonheur familial...

J'ai appris à lire, et mon imaginaire déjà bien fourni s'est rendu compte que le panel des possibilités était infini. Ca m'a fait, avec le recul, autant de mal que de bien. Mon rapport à la réalité est ce qu'il est, et j'ai appris à faire la part des choses, mais c'est un effort de chaque instant. L'irruption dans ma vie de la musique quelques années plus tard aidera tout autant qu'elle n'aidera pas. Je ne parle même pas de l'écriture, qui m'aura fait plus de mal que de bien pour le coup...

Re-disparitions en chaîne après: ma tante, ma grand mère maternelle, mon grand-père qui meurt dans mes bras alors que peu avant tout allait bien. Arrivée de l'adolescence: carnage total... Je me mets à désirer la mort pour ne plus avoir à la craindre, pour ne plus la voir continuellement pourir ma vie par des deuils à répétitions. Combattre le feu par le feu... Rencontre avec le shit, ma plus longue relation à ce jour. Sabrage de la pensée, destruction de la mémoire, volonté délibérée de m'effriter moi dans mes cônes... Plus rien n'a d'importance tant que je suis défoncé dès le réveil. Epoque glorieuse... Puis la mort de ma grand-mère, il y a deux ans. Que je ne surmonte toujours pas...

Pourquoi que je me barre autant en couille sur ce post? Je devrais me contenter de mes bafouilles sur l'ami Malick...

ah oui, parce que les changements me font peur.

J'ai arrété de fumer il y a un mois, à quelques entorses près. Si je dors seul, je dors mal, ou peu. J'essaie de ne pas trop saouler le monde avec, mais j'ai de temps en temps (sic) des petites (re-sic) crises de panique. Je sais que c'est pour mon bien, mais les souvenirs rappliquent tous en même temps, et avec intéret... Je me laisse trop vite submerger par le fameux panel des possibles. C'est dur à gérer... L'imaginaire est à double tranchant.

D'ici novembre, je pars m'installer a Rouen, chez Christophe. Un grand changement de plus, même si celui là ne me fait pas peur. Aller vivre chez un mec magnifique qui est la douceur personnifiée, y'a pire... Mais à certains moments, comme maintenant, le stress est plus fort que tout. Je ne peux pas répéter les mêmes erreurs. Je ne dois pas lui bouffer la vie. Il va falloir que j'apprenne à devenir... adulte. Ca y est, bordel, le mot est laché...

Un changement de plus...

Quand je pense que pour mon pays, je suis considéré comme "inactif"... J't'en foutrais moi...

29/08/2006

29/08/06 - 23:43

Clap your hands...


La première minute et demie de Sinnerman, de Nina Simone, avec un dispositif visuel présentant à la fois la structure rythmique et mélodique de la chanson... Ca dure pas longtemps et c'est très bien trouvé.

28/08/2006

28/08/06 - 23:54

Darko Rundek


Un joli clip, à la fois simple et très touchant.



Bonne nuitée les gens...

28/08/06 - 18:18

Rock Attitude...

C'était donc ma première édition de Rock en Seine ce samedi, et très certainement la dernière.... Je n'y suis allé que le deuxième jour, Radiohead et Beck obligent...

On est arrivés pour le début du concert de Skin, qui m'a un peu déçu. Ses chansons sont sympathiques, elle a beaucoup de patate et une très belle voix. Eh ben, ça restait mou et gentillet... On a eu droit à un petit quart d'heure Skunk Anansie (pourquoi faire des albums solos si c'est pour reprendre du SA en concert?), et même là, c'était "bien, mais pas top"...

Excellente surprise en revanche au concert des Dead 60's, que je ne connaissais ni d'Eve ni des dents. Mélange de pop, rock et dub très efficace, péchu comme tout et sans d'autre prétention que de faire passer un bon moment aux spectateurs. Pari plus que réussi vu l'ambiance dans la fosse...

Concert de Beck, mon copain à moi que je l'aime bien.... Mais quelle idée à la con de consacrer les trois-quarts des enceintes à la basse, rendant ainsi le reste quasi-inécoutable, et avec l'impression d'avoir un buldozer dans le ventre qui racle tout ce qu'il peut.... A coté de cela, l'ami Beck avait eu l'idée saugrenue et géniale d'avoir sur scène un petit théatre où cinq marionnettistes reproduisaient le concert en direct avec une marionnette à l'effigie de chaque membre du groupe, costumes et mouvements à l'identique...

Je me fais un devoir de snobber la poésie rocailleuse de Grand Corps Malade et j'essaie de survivre dans la fosse en attendant Radiohead.... Là, force m'est de constater que les gens (et les jeunes plus particulièrement) sont des gros, GROS, TRES GROS cons... Attendre 45 minutes entassés les uns sur les autres n'a rien de particulièrement plaisant, mais ca devient limite intenable quand on est entourés de gros beaufs persuadés que malgré le manque de place, ils vont réussir à atteindre la barrière devant, à quinze et s'ils poussent assez.... D'où mouvements de foule où tout le monde se cassent la gueule, coma d'une petite nénette qui avait pas prévue que cinq mecs lui tomberaient dessus pour prendre sa place, le groupe de bourrés qui chantent fort et faux, le traditionnel bouffon qui fait tomber sa boulette de shit et qui la recherche en passant entre les jambes de tout le monde, le groupe de quatre assis par terre et qui refusent de se relever, même si, avec les mouvements de foule, il faut faire un effort de chaque seconde pour ne pas leur tomber dessus, ce dont ils se foutent, le fils de pute qui te laboure le dos avec ses coudes en te disant "c'est pas moi, c'est derrière que ca pousse mais si ca t'emmerde tu peux toujours partir..."... Ambiance de concert de métal alors qu'il n'y a personne sur scène.... Pathétique... J'ai fait des concerts de métal où la fosse était plus civilisée quand la scène était vide.... Je finis par en avoir ma claque et je me dis que je ne profiterai jamais du concert si je reste là... Mais même pour sortir, même pour LEUR LAISSER DE LA PLACE, les gens sont des gros cons... Je mets dix minutes pour faire 200 mêtres...

Je repense au magazine rock'n'folk et à la traditionnelle question du "courrier des lecteurs": C'est quoi être rock en 2006? Eh ben, ca y est, je sais.... Etre rock en 2006, c'est juste être malpoli et égoïste... C'est viser le premier rang et écraser les autres pour y arriver...

Mais enfin, bon, tout arrive, je suis bien placé, tranquille, assis, et le temps de commencer ma bière, radiohead arrive... Comme d'habitude, concert parfait. Puissance énorme. Un souffle de chaque seconde à faire oublier tous les Muse de la planète... Ils commencent sur Airbag et 2+2=5, enchaîneront deux heures de musique sans temps mort, sans longueur, juste un enchaînement d'univers parfaitement structurés et parfaitement délivrés. Le groupe semble content d'être là, et ça se sent dans leur jeu. On a le droit à cinq nouvelles chansons, qui promettent un prochain album terrible (mais prévu pour fin 2007 donc ne nous énervons pas...). Les versions de "Pyramid song" et "There There" sont de loin les plus parfaites que j'ai pu entendre sur scène... Je finis sur un petit nuage...

pas pour longtemps, puisque maintenant, les gens se piétinent pour sortir... Les mêmes gros cons qui poussaient dans la fosse sont les premiers a jouer des coudes pour filer au métro. Les mêmes gros cons qui marchent en plein miliu de la route par groupe de dix, en insultant les voitures, sûrs de leurs bon droit parce que eux, voyez vous, ce sont des rockers... Ils ont le ticket du festival pour le prouver.... Je dépasse le métro où des flics font rentrer les gens petit à petit. Ca crie parce que ça pousse. Je les emmerde, je continue tout droit, je regagne Paris à pied en chantonnant Lucky... Merde aux cons. Vive Radiohead.

24/08/2006

24/08/06 - 02:12

Après le choc...

(encore un post chiant à eviter... N'est-ce pas Sorty...)

A moins d'être accroc aux émotions fortes, Taxidermie est le genre de films qu'on regarde une fois et pas dix, ni deux. Certain (beaucoup) n'y verront qu'un côté malsain, sans voir, derrière les images toujours étonnantes, souvent cocasses et parfois assez limites, le véritable amour pour l'être humain, dans toute sa bétise ou sa laideur...

Soit trois générations d'hommes dans la Hongrie du siècle dernier. Le grand-père, simple soldat qui sert de bonne à un officier qui l'humilie constamment, et qui ne trouve de "repos" qua dans dans la masturbation compulsive et l'auto-mutilation. Son fils, Kalman, champion de bouffe olympique, capable de manger 45 kilogs de caviar en vingt minutes avant de tout revomir conscieusement et qui vise le titre de champion du monde. Le petit fils, Lajos, gringalet introvert et taxidermiste passionné, vise a quant à lui l'immortalité en tentant de s'auto-taxidermiser vivant...

Taxidermie est avant tout un film du corps, sur le corps, près du corps, de la relation qu'on a au sien et du regard des autres sur celui-ci. Les chairs sont sans cesse frottées, brûlées, triturées, enflées, suitantes, vidées, coupées etc etc... Personne n'est jamais beau. Mais le réalisateur György Palfi, parvient à rendre ses personnages touchants malgré leur ridicule. S'ils ont les aspects du malsain, leurs motivations -et ce qui les relie- ne le sont pas.

L'aspect purement visuel du film est ce que j'ai pu voir de plus étonnant et inventif au cinéma, et qui souvent changent une situation limite en pur moment de poésie, comme cette scène où le soldat, qui s'est promis juste avant de "toucher les étoiles", se masturbe dans un cabanon. Au moment de jouir, les gouttes de sperme continuent de s'élever, traversent le plafond et vont effectivement rejoindre les étoiles dans le ciel...

Spéciale dédiace pour les chats de 20 kilogs nourris à la margarine....

...

En fait, je crois que ce film est juste une putain de tuerie de sa race....

23/08/2006

23/08/06 - 00:43

Kaki King




Amis de la guitare, bonsoir... Qui osera prétendre qu'il peut en faire autant?

22/08/2006

22/08/06 - 11:53

En vrac...

- La Normandie, c'est sympa mais c'est mouillé... La pluie normande est une petite maline qui attend tranquillement dans son coin que vous sortiez dehors pour vous fondre dessus... Solope!

- La Science des rêves est une réussite, même si, au final, la conclusion est franchement plus déprimante que pour Eternal Sunshine. Michel Gondry confirme son statut de réalisateur "à part", inclassable et magnifique...

- Revu toute la première saison de La Caravane de l'étrange, et enfin entamé la deuxième... Cette série est vraiment la meilleure... Esthétique, personnages, histoire, contexte historique, mise en scène, acteurs.... Tout y est parfait... Dire que ces cons de HBO l'ont arrété après la deuxième...

- Ai voulu inviter mon bonhomme au restau, et, histoire de faire les choses bien, j'ai visé le gastro du coin... "Pas de probleme, on vous installe à l'étage" nous dit le serveur, jusqu'à ce que son boss remarque nos jeans et là POF! magie, en vrai, y'a plus de place, désolé, bonne soirée messieurs....
Je vais me faire un plaisir d'y revenir, après avoir réservé à l'avance, habillé comme un vrai pouilleux, pas rasé et avec 10 cents en poche pour le pourboire... Si y'a bien un truc qui m'énerve plus que les petits pouvoirs, c'est les sales cons qui en abusent... Surtout dans un restau à moitié vide...

- Suis devenu accroc a The Knife, découvert sur le blog de MisterBlue... Merci à celui-ci, et si vous ne connaissez pas la chanson Pass this on, foncez voir le clip (post du 30/07/2006 sur le blog du dit Mister...).

- Moins quatre jours avant Radiohead, Beck et Skin en concert... L'impatience est assez prononcée...

- Moi qui ait les grands changements en horreur, je prends actuellement des décisions franchement radicales quant à ma vie... et ça n'arrive pas à me paniquer... C'est un sentiment agréable...

14/08/2006

13/08/2006

13/08/06 - 14:02

En vrac...


- Il ne fait ni beau ni chaud (c'est encore et toujours une contrepétrie...)

- J'ai passé une soirée doublement agréable hier soir. Ca fait du bien...

- Réveil tout doux avec Matt Elliott "Drinking Songs". Plus j'écoute ce disque, plus je l'apprécie.

-Journée rangement-réorganisation spatiale de l'appartement avec ma douce et lumineuse coloc AnneSo (femme irradiante, Grande Prétresse de la coinche, Grande diplomate des loutres et autres perfections faites chair... et qui, surtout, vient de temps en temps lire mon blog, alors il faut bien que je lui lustre un peu les chaussures...). Ca risque d'être une journée vraiment vraiment vraiment passionante...

-J'ai découvert hier soir que ma technique si longtemps travaillée des yeux de Bambi ne valait pas tripette. J'ai trouvé mon maître en la matière et il est très TRES fort... (Moults respects et courbettes d'usage à qui de droit...)

-Rouen me manque...

-FRICASSEE! (oups, résurgence...)

-Moins treize jours avant les concerts de Radiohead, Beck et Skin... Suivront de peu Pearl Jam, Bénabar et Nosfell...

-Bloquages du moment: Matt Elliott, Miriam Makeba, Olivia Ruiz, Radiohead, Troy Von Balthazar, Oldelaf et Monsieur D., Egschiglen, Yat-Kha, Tom Waits, mamies de Sibérie et Nosfell l'indétrônable... (Et une très belle jambe à vous aussi...)

-Je ne veux plus me laisser de droit à l'erreur...

11/08/2006

11/08/06 - 22:30

L'ami Terry et moi... (2)

Ne lisez pas ce post!!!!!!!!! J'vous aurais prévenu!


(…)le part pris habituel chez Malick de sembler délaisser les hommes pour préférer s'intéresser à une nature censément immuable donne ici (à savoir dans Les Moissons du Ciel) l'impression d'un mépris du réalisateur pour ses congénères humains.(…) Blogueur anonyme voué à le rester…


Comme dit dans ce post à épisodes qui n’en doutons point, colle à son siège tous les lecteurs de GA (mais si mais si…), Terrence Malick est tout sauf un asocial méprisant. Particulièrement dans Les Moissons du Ciel, la Nature est un réflecteur des passions humaines. L’action se passe sur une durée d’un an, d’une moisson à l’autre, et chaque saison correspond à un stade de l’histoire (éclosion de l’amour pendant les moissons, mariage au début de l’automne, frilosité du ménage à trois pendant l’hiver, choix définitif de la jeune femme lors du printemps et conclusion criminelle en fin de cycle, lors des moissons suivantes.)

De même, dans Le Nouveau Monde, la Terre, enjeux du conflit entre natifs et colons, semble double. Du côté des natifs, le moindre filet de lumière pénétrant la forêt semble une offrande de la « Mother » tant révérée, et est filmé comme telle, apparition fugitive d’une omniprésence apaisante, alors qu’à quelques kilomètres de là, les colons baignent constamment dans la boue et la maladie, incapables de semer quoi que ce soit de viable. C’est Pocahontas qui leur apportera semis et nourritures. Les nombreuses scènes ou ce grand falot de Colin Farrell découvre le mode de vie des indiens est là encore révélateur du cinéma de Malick. John Smith (C.F.) fait constamment référence à la bonté et à la simplicité inhérente aux indiens, et bien que se sachant lui-même, de par son appartenance trop mal évoluée, hors de portée de cet état de grâce, trente de s’y immerger le plus possible. Pocahontas est pour lui moins une femme de chair que l’incarnation d’un paradis perdu.

Bref, Malick ne délaisse jamais les hommes au profit d’une nature qui trouverait plus de grâce à ses yeux… Au contraire, l’homme est constamment le centre de chaque image, et de chaque réflexion du réalisateur. C’est dans ce même esprit que Malick dote chacun de ses films de voix-off inoubliables, dont là encore, les utilisations sont multiples… Ce qui nous emmène, bande de petits veinards, à…


2. Le paysage sonore

(on arrête de passer des petits mots à sa voisine au fond et on fait un peu attention au cours, merci…)

Le terme de paysage sonore semble ce qu’il y a de plus approprié pour définir le traitement du son chez Malick. Il se décompose dans les différents films d’un habile tressage entre musique (BO), bruits naturels, dialogues et voix-off. On peut néanmoins noter une réelle évolution au fur et à mesure des films dans l’utilisation même de ce paysage sonore, qui, au fur et à mesure, reflète en s’affinant la démarche première du réalisateur…

Dans Badlands, Holly nous dévoile sa façon d’appréhender le monde en commentant d’une voix quasi atone sa fuite avec Kit. L’importance du film réside moins dans le fait-divers en lui-même que dans cette voix-off, qui éclaire toute l’irréalité des protagonistes vis-à-vis de ce qu’ils vivent. Ni l’un ni l’autre ne réalisent vraiment ce qu’ils font ni pourquoi ils fuient. Kit dira à la fin, à un policier, qu’il voulait simplement être connu « mais peut-être pas tant que ça ». Holly, elle, passe son temps à se demander ce que serait sa vie si chaque détail de celle-ci avait été différent, ou à écrire des phrases sur son palais avec le bout de sa langue pour être sûre que personne ne puisse les lire, ou à rêver qu’elle se réveillera bientôt chez elle, et que rien de grave ne sera arrivé, prenant même le soin de constater « mais ça n’arriva jamais ». le but avoué de Malick sur Badlands était de tracer le portrait d’une adolescente dont le monde intérieur était si peu en phase avec le réel que rien ne pourrait la compromettre. Qu’elle parle des plantes de la forêt ou qu’elle raconte la mort de son ami sur la chaise électrique, le ton reste le même, mou, détaché, sans emprise sur le réel… On est presque surpris, tandis qu’elle lit un livre à haute voix (L’expédition du Kon-Tiki, me semble-t-il) de se rendre compte qu’elle a plus de facilité à mettre le ton et un tant soit peu de vie sur les paroles d’un autre que sur ses propres pensées. Est-il alors surprenant d’apprendre, à la fin du film, qu’une fois graciée par la cour, elle finit par épouser le fils de son avocat ? Incapable de se prendre en main, passant d’un « protecteur » à un autre (son père, Kit, son mari…) pour ne pas avoir à affronter sa propre vie, Holly est le reflet de sa voix. D’ailleurs, les dialogues entre les deux protagonistes sont en quelque sorte des voix-off plus que des dialogues. Chacun monologue plus qu’il ne communique, et même les relations sexuelles, qu’ils laissent rapidement tomber, ne leur procure aucune impression de « faire partie » d’un quelque chose, quel qu’il soit. Kit voudrait être James Dean, et a besoin de sa « girl » pour pleurer sur sa tombe quand une balle de la police l’arrêtera en pleine gloire criminelle. Holly a besoin de suivre quelqu’un qui s’occupera d’elle.
Les musiques choisies ajoutent au caractère des personnages. Kit ne réagit qu’à Nat King Cole, quand les moments où Holly veut être seule « avec elle-même » sont bercés par les ambiances mélancoliques des « Trois morceaux en forme de poire » de Satie. Les scènes de rupture avec le monde extérieur (la scène de l’incendie de la maison de Holly, ou dans la forêt, sont elles illustrées par les chœurs de Carl Orff (la scène de l’incendie est d’une beauté à couper le souffle)).

« I’ve been thinking what to do with my future. I could be a mud doctor, checking out the earth underneath” Linda, les moissons du ciel

Plus encore qu’Holly, la petite Linda, des Moissons, est un personnage fascinant. Elle est la narratrice du film, à la fois point de vue omniscient (elle sait que ses « frère et sœur » sont en réalité amants, qu’ils en veulent à la richesse du propriétaire terrien, que celui-ci est en passe de mourir…) et totalement étranger à l’action (elle ne fait pas partie du trio amoureux, se contentant d’en récolter les privilèges, dont par ailleurs elle se fout…). Enfant trop vite grandie (on la voit au tout début du film travailler pour une usine, puis confectionner des fleurs en papier à revendre dans la rue), elle est le fruit d’une période trouble qui n’offre aucun horizon (le film se passe pendant la grande dépression aux USA). Là encore, l’époque du film est toute entière contenue dans sa voix : parlant crûment, sans état d’âme, persuadée que l’avenir ne peut-être que sombre. Même la période où elle mènera une vie de riche à la ferme ne trouvera guère grâce à ses yeux. « Les riches ont tout compris, ils ont la vie facile », mais les seuls moments d’amour avoués qui transparaîtront dans ses monologues seront pour les champs de blé, dont l’odeur s’insinue jusque dans ses rêves. Elle ira jusqu’à mentionner que, pour partir plus rapidement de la ferme, elle pense à voler les médicaments qui tiennent le propriétaire terrien en vie, et qu’elle le ferait sans état d’âme « comme pour les chevaux, qu’on abat dès qu’ils sont malades. »

Les bruits de la nature sont dans les Moissons de plus en plus présents : vent dans les blés, sauterelles, poules d’eau, fuite bruyante de tous types d’animaux dont les cris couvrent quasiment les cris des hommes lors de la grande scène d’incendie des champs (oui, le monsieur aime bien faire brûler des trucs dans ses films…). Là encore, il est à noter que l’incendie des champs de blé, (déclenché par le propriétaire lorsqu’il découvre être le dindon d’une farce magistrale), sonne pour les coupables la fin d’un paradis naturel qu’ils espéraient faire leur. La destruction de cet endroit, où la pauvreté et la grande dépression ne sont plus que de lointaines images « d’avant », renvoie à la faute, et au calcul des passions humaines. L’endroit détruit par l’avarice sonne l’heure de l’errance et du retour à la vie miséreuse.

En attendant la dernière partie de cette très très très très intéressante incursion dans le cinéma d’auteur américain, voici un pur petit moment de poésie qui berce la fuite en bateau des trois protagonistes des Moissons…

Linda (voix off) : Nobody’s perfect. There was never a perfect person around. You just got half-devil and half-angel in you. The sun looks ghostly when there’s a mist on the river and evrything’s quiet. I never knowed it before. You could see people on the shore but it was far off and you couldn’t see what they were doin’. They were probably calling for help or somethin’, or they were tryin’ to bury somebody or somethin’. We seen trees that the leaves are shaking and it looks like shadows of guys coming at you and stuff. We heard owls squawkin’ away, oonin’ away. Some sights that i saw was really spooky that it gave me goose pimples. I felt like cold hands touchin’ the back of my neck and- and it could be the dead comin’ for me or somethin’. I remember this guy, his name was Black Jack. He died. He only had one leg, and he died. And i think that was Black Jack makin’ those noises...”

Bonne nuitée les gens...




11/08/06 - 02:57

L'ami Terry et moi...

Surtout, ne lisez pas ce post, il va être long et sans intérêt AUCUN... Mais ça fait longtemps que ça me travaille, et un précédent post expliquera peut-être ma décision de plomber le site avec...



On n’explique pas un coup de foudre, on se le prend juste en pleine poire. Après, on gère comme on peut…

J’ai découvert Terrence Malick avec la Ligne Rouge, à sa sortie au cinéma en 1998. J’étais parti voir un film de guerre de 2h45, plus pour passer un moment avec mon frangin qu’autre chose, et je m’attendais à me faire chier (suivre mon frère au cinéma, ça tient du quitte ou double…). Avant la fin du prologue, j’avais conscience d’avoir trouvé une vision du monde qui me parlait, et plus encore, qui me poussait à la réflexion (ce qui n’a jamais trop été mon fort…). Quelques jours plus tard, j’étais dans un cinéma du 5° pour voir son premier long-métrage « Badlands » qui me mit une telle claque que j’achetais aussi sec le dvd et celui de son deuxième « Les moissons du ciel » à Gibert. En rentrant, je revisionnais Badlands, en laissant les Moissons de coté.
Ca m’a pris un an et demi pour regarder les Moissons du ciel. Malick n’avait fait que trois films en près de trente ans, et l’idée de me les être tous bouffés en moins d’une semaine sans plus rien avoir à me mettre sous la dent m’emmerdait profondément…
Depuis, j’ai vu chacun de ces films entre quinze et cinquante fois, sauf Le Nouveau Monde, vu deux fois au cinéma et dont je viens de récupérer le dvd américain thanks to amazon…

Voilà pour le petit préambule moi-moi-moi… Lui-lui-lui maintenant…

Il est sans doute inutile de présenter trop longuement La Ligne Rouge et Le Nouveau Monde. Le premier raconte la prise de Guadalcanal par les américains pendant la seconde guerre mondiale et le second reprend la légende de Pocahontas (bien que contrairement à John Smith, elle ne soit jamais directement nommée).
La Ballade Sauvage (Badlands, 1975 ) est inspirée de l’affaire Starkweather, et raconte, du point de vue d’une adolescente, l’errance sanglante de deux jeunes « largués », l’un obsédé par l’image de James Dean qu’il aimerait renvoyer de lui-même, et de sa petite amie, si naïve et cruche qu’elle aura besoin de six meurtres, dont celui de son père, pour se rendre compte que son petit ami a « la gâchette facile ».
Les Moissons du Ciel (Days of heaven,1979) narre l’histoire d’un étrange trio : un couple d’ouvriers agricoles (pas très glamours, paraît-il…) se faisant passer pour un frère et une sœur, et du propriétaire terrien pour qui ils vont travailler le temps d’un été, malade en phase avancé, et qui va s’éprendre de la jeune femme. Bill, le « frère » de celle-ci, au courant de la maladie du prétendant, la pousse à accepter le mariage, persuadé qu’un héritage sera bientôt perçu… Le tout est racontée par la (vraie) petite sœur de Bill, qui a onze ans à peine a déjà trop vécue et se fiche plus ou moins de tout ce qui se passe autour d’elle, se contentant de ponctuer les faits sans jamais prendre d’autre parti que sa propre vision du monde.

1. Le panthéisme cosmique

Malick -et son cinéma avec lui- est panthéiste : à ses yeux, les hommes, et la Nature dont ils ne sont qu’une infime partie, sont moins la preuve de l’existence d’un dieu (panthéisme dit acosmique) que Dieu lui-même (panthéisme cosmique) : c’est la somme des êtres vivants et changeants qui fait la divinité présidant au destin du monde, et non le contraire.

Mais l’homme, semble nous dire le réalisateur, a perdu ce principe de vue : il a oublié qu’il faisait partie d’un tout en tentant de s’y donner une importance supérieure. La nature sauvage, indomptée, exempte de toute civilisation forcenée, et dont les natifs seuls gardent la pureté (ex : les indiens du Nouveau Monde, les natifs de l’île où deux déserteurs ont trouvé refuge dans la ligne rouge) est à la fois théâtre et enjeu de cette folie des hommes, tout en lui restant complètement étrangère. Il y a un plan dans La Ligne Rouge, où, au début d’un combat particulièrement redouté par les soldats, la caméra semble soudainement perdre tout intérêt pour la scène et se dirige vers un morceau de colline isolé, où les herbes sous le vent donne l’impression que la colline entière ondule… Immuable, la Nature garde ses distances.

Juste après le meurtre du père de la jeune Holly, dans Badlands, les deux amants criminels trouvent refuge dans une forêt. Là où un scénario classique exigerait des poursuites en bagnoles et des flics à gogo, Malick nous offre un quart d’heure de pur robinsonnade, Holly nous expliquant comment ils y construisent une cabane dans un arbre et à quels point chaque plante de la forêt peut trouver une utilité. Ce décalage entre ce qui est et ce qui « devrait être » montrer, loin de perturber, nous permet de rentrer encore plus profondément dans l’esprit de ces deux jeunes paumés, qui n’aspirent en fait qu’à une simplicité perdue. La petite vie s’organise tranquillement, et c’est dans ce cadre désocialisé qu’ils vont le plus facilement passer pour un couple normal, bateau, voire chiant. La violence ne reviendra que lorsque la société se rappellera à eux. Kit est en train de pécher dans la rivière, s’énerve parce que rien ne vient. Le passage, au loin, d’un camion sur l’autoroute, le poussera d’un coup à prendre un revolver et à tirer en direction des poissons, alertant un policier aux alentours. Fin du paradis, clairement perdu au vu de la tuerie qui suivra…

Théâtre des passions humaines, lieu de rémission des péchés, isolement du reste des hommes, la Nature sauvage est avant tout la terre des origines, où les hommes savaient vivre en son sein en se fondant corps et âme dans le paysage et dans le pouls général. Les instances de Pocahontas l’indienne, avant qu’elle ne soit catholicisée et rebaptisée en Rebecca, sont des prières « païennes » à la Nature, mère première de chacun, et qu’elle appelle donc en conséquence « Mother ». Après son baptême, elle souffrira de ne plus ressentir ce pouls qui la liait au Vivant. Là encore, la société détruit tout, et la simplicité en premier lieu.

La Ligne Rouge commence par ces scènes où deux déserteurs ont trouvé refuge sur une île de Polynésie, dans un village de pêcheurs en bord de mer, où là encore l’homme et son environnement ne font qu’un. On a critiqué à Malick ce long préambule quasi-onirique, où l’on voit les habitants nager, chanter, travailler en harmonie. On lui a reproché ce côté « le bon sauvage est bon », mais ce n’est pas fondé : le peu de dialogues entre Witt et une native prouvent qu’elle est lucide et peu cruche (elle !) face à ce représentant étranger d’une armée inconnue. « J’ai vu un autre monde » dira Witt à son supérieur (Sean Penn), qui lui, militaire chevronné, considère qu’il n’existe qu’un seul monde, où la guerre tient lieu de « fixateur de règles ».

Chaque être vivant et changeant….

Les plans d’animaux sont omniprésents dans le cinéma de Malick, ils reflètent le plus souvent l’esprit des gens les observant, dernière tentative de l’homme égaré pour se fondre dans un décor rassurant. Dans les badlands du Montana, Kit cherche refuge dans la contemplation de rapace là où Bill, dans les vastes champs de blé du Texas fait face à des bisons comme s’il tentait de les sonder, à un moment où il se trouve complètement dépassé par la situation. Dans la ligne rouge, c’est un phasme sur un brin d’herbe qui va bloquer la concentration d’un homme, allongé pour ne pas se prendre une balle de sniper, au moment où la mort sera pour lui si présente qu’il ne lui faudra plus que l’éluder pour continuer d’avancer…

Vous êtes encore là ? Vous n’avez que ça à foutre de lire mes conneries sur des films que vous n’avez probablement pas vus ? Bon, ben, pour les deux insomniaques du fonds, (et toi mon amour qui doit te taper ça par pure gentillesse…) nous continuerons demain sur le sujet ô combien passionnant du traitement des voix off chez notre ami Terry… Bonne nuitée…

10/08/2006

10/08/06 - 18:28

Et le con du jour est...

un blogueur anonyme sur un site de cinéma, à propos de Terrence Malick...


" (...) Certes, la photographie et la musique (Le Carnaval de animaux de Saint-Saëns; pour la ballade sauvage c'était Eric satie) sont superbes comme toujours, mais l'histoire est très convenue et le part pris habituel chez Malick de sembler délaisser les hommes pour préferer s'interesser à une nature censément immuable donne ici l'impression d'un mépris du réalisateur pour ses congeneres humains. Pourquoi ça ne marche pas? Je ne sais pas, peut-être parce que les héros sont des travailleurs agricoles (moins glamour que les tueurs de la ballade sauvage ou les militaires de la ligne rouge). "


On l'applaudit bien fort et on l'encourage à aller voir "Superman returns"...

10/08/06 - 13:17

D'un inintérêt total, suite...


LA DERNIÈRE PERSONNE QUI…
A dormi dans ton lit : christophe
T’as vu pleurer : je ne sais plus
T’as fait pleurer : un petit enculé…
Avec qui tu as bu : les gaiens présents au pique nique de dimanche dernier
Avec qui tu es allé au cinéma : christophe
Avec qui tu es allé magasiner : christophe
T’as crié après : bonne question, ca…
T’as envoyé un e-mail :

AS-TU DÉJA…
Dit je t’aime en y croyant ? : Oui
Fait une bataille avec ton animal de compagnie ? non
Été en Californie : Non
Été à Hawaii : Non
Été au Mexique : Non
Été en Chine : Non
Été au Canada : Oui, 24 heures
Rêvé à quelque chose de bizarre et que ça s’est passé le lendemain : partiellement
Rêvé que tu sois de l’autre sexe ? Non
Eu un ami imaginaire ? j’en ai toujours plusieurs sous la main…

QUESTIONS AU HASARD…
As-tu déjà eu un coup de foudre pour quelqu’un ? non
Quel livre lis-tu ces temps-ci ? chroniques de l’oiseau a ressort, murakami
Dors-tu avec un toutou ? non
Qu’est-ce qu'il y a en dessous de ton lit ? punaise, je viens de me rendre compte le bordel que c’était là-dessous…
Sports préférés à regarder ? Aucun
Où habites-tu ? paris
Scolarité ? Passée, datée, terminée.
Piercings/tattoos ? Non/non

EXTRA STUFF…
Te drogues-tu ? la musique, ça compte ?
Qui sont tes meilleurs amis ? ils le savent
De quoi as-tu le plus peur ? de mes peurs
Avec quels vêtements dors-tu ? caleçon
Qui détestes-tu ? y’en a qu’une et elle le sait
Est-ce que tu conduis ? Non
As-tu un job ? non
Aimes-tu être avec bcp de monde ? Non
Es-tu pour un monde en paix ? je fais pas dans l’utopie, sinon autant croire en dieu

STUFF…
As-tu déjà aimé qqn avec qui tu n’avais aucune chance ? oui
As-tu un «genre» de personne par qui tu es attiré ? non
Veux-tu qqchose que tu n’as pas maintenant ? Oui
Te sens-tu seul en ce moment ? non
La chanson qui te reste dans la tête ? lady in the lake

TON/TA PRÉFÉRÉ/E…
Pièce de la maison ? ça dépends
Style de musique ? le mélange des genres réussi
Couleur ? gris
Mois ?

DANS LES DERNIÈRES 72 HEURES (3 JOURS), AS-TU…
Pleuré ? : non
Été malade ? non
Acheté qqchose ? Oui
Chanté ? oui
Voulu dire à qqn que tu l’aimais ? Oui
Rencontré qqn de nouveau ? non
Ennuyé de qqn ? oui
Donné un calin à qqn ? oui
Embrassé qqn ? oui

07/08/2006

07/08/06 - 16:35

Lectures...

Lus, approuvés, conseillés...
Faites vous plaisir...















 

" Juste avant le solstice d'hiver, Khrili Gompo fut envoyé en mission d'observation pour la première fois. Il y avait plusieurs décennies qu'il s'entrainait, et c'était maintenant à lui de partir. On lui avait accordé une demi-minute d'apnée avant le retour. Il disposerait de ces trente secondes pour évaluer l'état du monde et recueillir des éléments sur les peuplades qui l'habitaient encore, sur leur culture et leur avenir. C'était un délai peu généreux, mais, comme conditions de travail, on avait déjà vu pire." Antoine Volodine, Des Anges Mineurs

(1) Alexis HK - C'que t'es belle en Live
(2) So Called - The SoCalled Seder, a hip hop haggaddah
(3) The Velvet Underground and Nico
(4)The unbelievable truth - Almost here
(5,6,7,8) Nina Simone - Live at Carnegie Hall - Moon over Alabama - Emergency ward - Baltimore